La plupart des études sur le tatouage sont narratives et descriptives. On pourrait faire d’innombrables descriptions des tatouages de chaque tribu, de leurs motifs, de leurs techniques… Herber décrit tous les tatouages de la face chez la Marocaine, selon toutes les localités qu’il a pu étudier dans son enquête. Mais outre cela, les auteurs réduisent souvent le tatouage à une valeur ornementale, quelque fois des effets prophylactiques.
On peut dire que le tatouage a évolué : au départ il était une pratique purement magique puis il est devenu une amulette permanente, ensuite un modèle décoratif jusqu’à sa disparition. En effet l’évolution des mœurs causées par la colonisation, l’interdit de la religion musulmane et l’ouléma qui considère le tatouage comme impur, ont causé une modification et une perte de la pratique du tatouage.
L’homme a toujours peint sa peau ou se tatoue et utilise son corps comme support d’expression. On marque sur son corps ce qui est marqué à l’intérieur, un corps tatoué est comme le miroir de sa propre âme et de l’âme collective. Bien souvent le tatouage parce qu’il est une pratique douloureuse, témoignait du courage et de la force de celui qui l’avait enduré.
Au Maghreb, le tatouage est une expression artistique rurale, qui est révélatrice d’une certaine mentalité imprégnée de croyances mystique et magique. Il est soit un moyen de prévenir les maladies, soit un atout sexuel, soit une marque de religiosité, quand il n’est pas un simple motif ornemental. Le tatouage, reste au Maghreb, ancrée dans la tradition. Une partie se marque pour se protéger mais certains perdent leur sens. Malgré tout, on va de plus en plus vers une fonction esthétique du tatouage (charme…) et vers un effet de mode. Ces traditions sont souvent modifier par les civilisations modernes qui perdent et utilisent les signes, les supports pour se parer dans une société obsédée par l’apparence. On passe d’une signification collective à une signification plus personnelle et identitaire. La pratique se perpétue plus au travers du henné et évolue avec la modernité et la conscience de l’hygiène.
De façon plus large, le tatouage reste un moyen d’expression de revendiquer ses idées personnelles, ses sentiments, son groupe… Avec le temps le tatouage a perdu plusieurs significations et en a acquit de nouvelles. Il a fini parfois par devenir parfois un simple motif ornemental et vide de sens.